« 7 octobre 1879 » [source : BnF, Mss, NAF 16400, f. 239], transcr. Apolline Ponthieux, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.7905, page consultée le 26 janvier 2026.
Paris, 7 octobre [18]79, mardi matin, 7 h. ½
Bonjour, mon doux bien-aimé, puisse ta nuit avoir été aussi bonne que la mienne a été mauvaise et j’en remercierai Dieu. Le temps continue d’être merveilleusement beau et la fugue vers Naples1 plus tentante que jamais. C’est grand dommage que tu ne puissesa pas te payer cette fantaisie de cœur et d’yeux. Tout soleil dehors, tout bonheur dans l’âme, quel rêve ! On reviendrait tous ensemble pour la rentrée des chambres, ce serait charmant. Mais puisque ça n’est pas possible, n’en parlons plus. Mon sort est assez heureux comme cela. Il n’y a que toi, mon pauvre génie de somme, à qui manque l’essentiel de la vie : la vue et les baisers de tes chers petits-enfants tous les jours. Espérons qu’ils te reviendrontb bientôt en dépit de la séduction et de l’acoquinement du beau climat et du far niente. En attendant je t’adore à brûle cœur, je te souris et je te bénis pour tes chers absents et pour moi nuit et jour.
[Adresse]
Monsieur Victor Hugo
1 Le 10 août, Lockroy, qui a épousé Alice Lehaene, veuve de Charles Hugo, en 1877, est parti pour l’Italie pour des raisons de santé. Le couple a emmené avec lui Jeanne et Georges, les deux petits-enfants de Victor Hugo, qui souffre beaucoup de cette absence. Dans la lettre du 6 octobre, Juliette fait part à Hugo d’un billet de Mme Lockroy, envoyé depuis Naples, et dissuade déjà l’écrivain d’aller retrouver sa famille en Italie : « Malheureusement tu te déplaces difficilement et la saison, d’ailleurs, est trop avancée pour songer à céder à la tentation ».
a « puisse ».
b « reviendrons ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils montent dans un ballon captif et font un voyage à Veules et à Villequier.
- FévrierLa Pitié suprême.
- 28 févrierDiscours pour l’amnistie.
- 21 marsMort de Léonie Biard.
- 5 juilletIls montent dans un ballon captif au-dessus de la cour des Tuileries.
- 28 août-11 septembreSéjour à Veules (chez Paul Meurice) et à Villequier (chez Auguste Vacquerie)
- 2 décembreBlanche Lanvin épouse Émile Rochereuil.
